Vol. 1 No 1 (2019): REVUE INTERDISCIPLINAIRE FRANCOPHONE
L’opportunité d’une visibilité
Le besoin était là, pressant, incoercible, exacerbé… En témoignent les récentes évolutions dans le système éducatif en République démocratique du Congo, jointes à l’impératif d’un enseignement universitaire et d’une recherche (qui en est le pendant incontournable) orientés, avant tout, vers la quête du mieux-être de la société.
Une évidence longtemps oubliée, un devoir souvent occulté : la recherche doit féconder l’enseignement au profit des jeunes en formation et contribuer par-là (cessera-t-on de le souligner ?) aux solutions pour le développement.
Voilà pourquoi, après avoir lutté pour une gestion dynamique, efficiente ; pour la qualité des travaux rédigés ; et pour doter le Département d’un équipement électronique ; après avoir stimulé la promotion de la littérature congolaise de langue française en amorçant, au travers de l’animation des cafés littéraires, le rapprochement des écrivains avec le Département comme instance de formation des critiques littéraires, nous nous devions, à ce jour, d’œuvrer en vue de la visibilité du Département à l’ère de l’irréversible mondialisation.
En décidant donc hardiment, lors de sa réunion du 14 juin 2019, de procéder à la création de la Revue interdisciplinaire d’études francophones (Rintef), le Conseil du Département des Lettres et civilisation françaises avait pleinement conscience de poser un acte de portée historique. L’engouement suscité n’est-il pas là pour le prouver ?
Le Département a eu foi en sa mission : celle de mener à son plein accomplissement l’opération de l’amélioration de son image. Devoir de rayonnement. Devoir, aussi, de visibilité.
Voici donc Rintef, la Revue interdisciplinaire d’études francophones, dont le tout premier numéro est consacré, de manière prioritaire, à la préoccupation de didactique. Quelle approche méthodologique privilégier pour rendre effective l’acquisition/ l’appropriation du français en vue de transmettre les connaissances ? C’est sur ce lancinant problème que se sont penchés André Nyembwe Ntita et Bertin Makolo Muswaswa.
Gabriel Sumaili Ngaye-Lussa scrute, en corollaire, les difficultés rencontrées par les étudiants pour pratiquer la langue française, véhicule des connaissances dans l’enseignement universitaire, tandis que Timothée Mukash Kalel met l’accent sur la nécessité de tenir compte de l’analyse contrastive dans l’enseignement du français.
Romain Kasoro Tumbwe situe la place envahissante de la langue anglaise, alors que Photias Kipambala Mvudi dénonce le tribalisme sous le prisme de la malédiction de Babel et que les recherches de Blaise Bulele Kwakombe et d’Alain Ishamalangenge Nyimilongo revisitent respectivement la situation et l’histoire du français en RDCongo.
Quelle forme de lexies peuvent produire les manipulations phonético-graphiques opérées dans les colonnes d’un journal satirique et désacralisant ? Gisèle Thoa Tsambu y répond. Et deux chercheurs, Jean-Baudouin Mokoha Monga-Adogo et Jean-Vincent Ndzia Likombe Molabu nous livrent l’expérience anthroponymique des sobriquets fièrement portés par les élèves et enseignants de Bumba dans la province de la Mongala.
L’équipe de rédaction de Rintef ne remerciera jamais assez tous ceux qui, à leur manière, ont soutenu ou soutiendront sincèrement le maintien du flambeau.